A mes très chers grand-parents, Georges et Christiane de Quillacq.
"N'ayez jamais peur de vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hazard, à la chance, à la destiné, partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres expériences, le reste vous sera donné de surcroît." Henri de Monfreid.

Le Voyage

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L'Itinéraire présumé. Tout peut changer

France - Egypte - Soudan - Ethiopie - Djibouti - Yemen - Oman - EAU - Iran - Turkménistan - Ouzbékistan - Kirghizstan - Chine (Turkestan Chinois) - Pakistan - Inde - Nepal - Bhoutan - Birmanie - Thailande - Cambodge - Laos - Vietnam - Hong-Kong

mercredi 25 avril 2007

Yemen - Oman - Dubai : du 15 au 24 avril




Nous avons quite le Yemen abandonnant l'idee d'aller a Bir Ali, plage paradisiaque du Yemen, prevue pour se rattrapper de n'avoir pas vu Socotra (plus de place d'avion). Un autrichien nous avait conseille d'aller a Salalah petite ville du sud du sultanat d'Oman, tres sympa et bien plus agreable que Dubai. On revait deja de poisson grille sur une corniche animee et accompagne d'un verre de vin blanc, nous avons donc fonce vers Oman.
Premier bus de 8 heures jusqu'a la petite ville de Al Gahaydah coince entre desert et mer, puis nous avons enchaine par un taxi jusqu'au poste frontiere sans savoir comment rejoindre Salalah.
La chance nous a sourit une fois de plus, apres avoir change de la monaie yemenite pour payer notre visa a un taux deplorable par un voyageur de passage sous le regards embetes des douaniers, deux petits vieux nous ont embarques dans leur voiture pour Salalah que nous avons atteint a la nuit tombante. La route etait inattendue, hautes montagnes boisees plongeant dans la mer, belle plage de sable blanc, un air de midi de la France.
La ville de Salalah est pleine de parking et de voitures, de malls et de pizzia hut. Le meilleur restaurant nous offre du poisson en cube, les jus de citrons ont perdu le gout de ceux du Yemen. La ville tourne le dos a la mer, la corniche est plutot triste. Tout coute 10 fois le prix du Yemen et rien n'atteint ni le charme, ni le gout. Et en ce qui concerne le vin blanc, il n'y en a qu'au Hilton sans interet.

Une journee sur une belle plage (heureusement les plages sont belles) puis on a file vers Dubai ou Laura arrivait de Hong Kong, 20 heures de bus et nous voila dans la ville la plus folle du Moyen-Orient !

Autant Salalah n'avait aucun interet autant Dubai est une ville en pleine construction, une vraie ville moderne. Les gratte-ciels poussent partout, la villes se prolonge sur la mer sur des presqu'iles artificielles en forme de palmes, on construit des canaux pour agrementer le payasage desertique et plat de Dubai.
Tout est grand, les plus grands malls du monde, la plus grande tour du monde. Ils ont meme construit un piste de ski. Rien ne semble effrayer ces promoteurs, tout semble possible ici pour peu que ce soit excessif.

J'ai souvent regrete, peut etre a tort, le manque d'imagination dans l'urbanisme meme si les tours sont generalement tres belles et le tout impressionant. Il m'a semble qu'ils construisait une ville faite pour la voiture et les habitations climatisees, la mordernite me semble etre deja ailleurs.

L'argent est partout, le park de voiture est sans doute le plus impressionant du monde, ferrari, lomborqguini, hummer, porsches pour les femmes, jaguar,rolls,... Les hotels sont bondes, particuierement les plus chers.

Alors, on se demande d'ou vient tout cet argent: dabord le petrole , le tourisme, la speculation maintenue par une excellente communication mais aussi le blanchiment qui semble etre une des sources de financement les plus importantes.

Alors le monde entier est attire par cette folie et son argent, les europeens, les americians et les libanais occupent les bonnes places puis vient les iraniens souvent commercants, les indiens, les tibetains, les nepalais, les philipins, les mauriciens, les afghans... Puis les filles, les russes, les turkmenes, les chinoises (bradees parait-il) et toutes les autres plus discretes. Les arabes ont quasiment disparu en proportion mais controle de maniere impressionante cette ville monde.

Parce que l'on a qu'une vie, Laura, Lionel et moi avons plonge tete baissee dans ce jeux pendant pres de 10 jours: cabriolet, restaurants et bars branches, boites de nuits, hotels de luxe, spa, coktails... jusqu'a plus soif. Mais je l'avoue, ce n'etait pas pour me deplaire.




J'ai quite le Grosvenor House, magnifique palace, passe une soiree simple et chaleureuse avec Emmanuelle et Benoit dans leur agreable maison qui m'a fait du bien. Le lendemain j'ai rendu mon cabriolet et j'ai pris un bateau pour traverser le detroit d'Ormuz avec des iraniens et des afghans rentrant chez eux se reposer apres quelques mois de travail difficile et mal paye. Aucun n'aime ce lieu, ils ne font pas partie de la fete. Je suis heureux d'etre parmi eux sur ce bateau qui part vers l'Iran.

J'ai fini la deuxieme partie de mon voyage, je quitte le Golfe Persique et m'en vais rejoindre la route de la soie.

lundi 16 avril 2007

Yemen : Hadramout et la cote

Pour gagner du temps nous avons fini par prendre un avion entre Sanaa et Seyoun. Le survol du Yémen est très beau, les montagnes cultivées se transforment en haut plateaux arides fendus de canyons. Puis soudain une immense vallée remplie de palmiers et de cultures vertes s'ouvre entre ces roches ocres. C'est la vallée de l'Hadramaout, sans doute le lieu du Yémen que j'ai préféré. Les gens y sont moins obséquieux que dans le nord et semblent avoir plus d'humour.
Les visages changent, ils ont presque des airs d'indiens. Ils sont vêtus de pagnes de cotons, ne portent pas de poignard, ca les fait rigoler quand on leur pose la question.
Les fruits sont encore meilleurs que dans le reste du Yémen, les jus de citrons verts une merveille et les poulets grilles délicieux.

On a le sentiment d'être dans un endroit très civilisé même si la richesse du passé a disparu depuis longtemps. En effet l'architecture est étonnante au milieu de ce désert loin de tout. A partir du 13eme siècle, les négociants arabes en charge du marché des épices avec l'Asie venaient pour beaucoup de Tarim et sa région, quand ils sont rentrés riches, ils ont fait construire des palais aux allures de ceux des Marajah de l'Inde, c'est frappant. Malheureusement, ils les ont construit en pisé et la plupart ont fondu ou fondent encore.




Les autres villes ont aussi une architecture qui leur est propre et Shiban est sans doute la plus fameuse et la plus impressionnante avec ses tours de plus de 10 étages en pise.
La lumière, la beauté des paysages, la richesse architecturale, la propreté de ses rues (contrairement au nord ou ce sont de vraies poubelles) et la civilité de ses habitants en font un lieu exceptionnel.




Nous avons pris la route pour Al Mukhalah sur la cote de la mer d’Arabie. Al Mukhalah est un port de pèche, quelques belles façades ornent la corniche mais dans l’ensemble la ville n’est pas très belle, par contre elle est l’une des plus agréable et ses habitants très sympas.
Nous y avons passe seulement une nuit pour organiser notre passage de la frontière vers Oman, mais nous avons pu apprécier ses ruelles remplies de restaurants ou les morceaux de thon grillent dans les fours. Ils sont délicieux et servis par une multitude de serveurs efficaces et drôles.
Dernière nuit au Yémen, les deux prochains pays vont me plonger à nouveau dans le monde moderne !

dimanche 15 avril 2007

Yemen : Autour de Sanaa, du 7 au 9 avril




« Iss pochble, iss pochble », dit Hassan au volant de sa Toyota en se balançant de gauche à droite sous une musique aux sons de flûtes stridents diffusée par un autoradio de mauvaise qualité.
Nous sommes partis pour trois jour de Sanaa pour visiter l’arrière pays, ses montages et ses villages. Hassan est notre chauffeur. Pas loin de la soixantaine, il a tout du playboy et du flambeur, le visage anguleux, rides profondes mais peu nombreuses, nez busqué, et cheveux poivre et sel. Il a conservé son allure de jeune homme et son enthousiasme, il a le sourire des hommes aimés de tous. Il vécut en Arabie Saoudite, d’où il fut expulsé comme tous les yéménites en 91 suite aux positions du Yémen en faveur des Irakiens. Il est alors rentré au Yémen, a acheté cette voiture, épousé une deuxième femme et eu en tout 14 enfants.
Comme tous les yéménites du nord, il est vêtu d’une djelaba avec un col de chemise, une veste de costume un peu trop large aux épaules et d’un Jambiah, poignard courbe dont le manche est incrusté de cuivre et d’argent, il est maintenu par une large ceinture brodée de fils couleur or. Tous les hommes du Nord des leur plus jeune age en portent un. La forme et l’emplacement définissent la classe sociale et parfois la fonction.

« Iss pochble, iss pochble », répéta Hassan. Il nous fallu quelques minutes pour comprendre qu’il nous expliquait les différentes options possibles pour l’après-midi, mais il nous fallu pas plus de temps pour comprendre que la seule reelle option était de passer l’après-midi sur des matelas à mâcher du qat.

Tout le Yémen vit au rythme du qat. Les hommes travaillent le matin jusqu'à une heure puis déjeunent enfin s’allongent là ou ils peuvent, en groupe si possible, pour ruminer pendant plusieurs heures cette même feuille que les djiboutiens affectionnent aussi. Le pays rentre alors en léthargie, pas un seul magasin ouvert, pas une voiture, pas un camion sur les routes, tout le Yémen part à la recherche de ce sentiment de bien-être éveillé procuré par le qat.


Nous avons visité chaque matin en voiture ou en randonnée en pleine montagne de magnifiques villages au pied de falaises ou perchés sur des pics comme des nids d’aigle. Ils ont la couleur de la roche oscillant entre ocre et gris. Les façades sont décorées par des agencements de pierres aux motifs orientaux et par des fenêtres aux vitraux colorés. Chaque village possèdent plusieurs bassins retenant l’eau des pluies dans lesquels se reflètent les belles façades ou les montages qui les dominent. Les paysages sont impressionnants, canyons, et montagnes sculptées de restanques. Pas un lopin de terre accessible n’est pas cultivé, la montagne est conquise mètre après mètre, un véritable travail de titan bien surprenant aux regards de activité journalière des yéménites.
Après ces matinées actives, nous étions alors reçus dans les hôtels par un copieux déjeuner fait de Salta, de salade, de poulets grillés et de délicieux gâteaux au miel.

Le repas terminé, nous nous retrouvions une touffe de qat à la main avachis sur nos coussins, Hassan prenait toujours soin de trouver du bon qat aux tiges et feuilles tendres

A la différence des éthiopiens, les yéménites ne l’avalent pas mais le mâchent indéfiniment, créant ainsi une énorme boule sous la joue. Sur la route entre Taez et Sanaa, j’avais été frappé de voir tous les hommes jeunes ou vieux et même les enfants avec cette excroissance sous la joue.
Alors on mâchouille, on ajoute une nouvelle feuille quand le goût acre a disparu. Le qat donne envie de fumer, alors on fume une cigarette, on mâche, on fume une chicha aux parfums artificiels de fruits exotiques, on mâche sans relâche et on fume encore. Puis au bout d’une heure ou deux, les premiers effets se font sentir, on est très éveillé et lucide mais tout le corps se décontracte pris dans une espèce de léthargie douce et voluptueuse. Toute le monde devient ami et on se complimente réciproquement. Pour les novices comme nous il est impossible de dormir, pour Hassan, s’il y de la musique il se met à danser comme un automate, les yeux fermés sous les regards amusés de l’assistance.
Nous sommes rentres à Sanaa, fatigues par les insomnies, la bouche pleine d'aphtes, la tete pleine de nouvelles images et contents d'avoir partagé avec Hassan et ses amis ces moments.



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Yemen : Sanaa du 3 au 6 avril



De Yemen : Sanaa


Quand nous sommes rentres sous la tente invites par les habitants du quartier, le mariage battait son plein.
Une foule de 400 personnes assise sur des coussins de velours rouge aux motifs orientaux, les musiciens jouaient les airs traditionnels, les danseurs tournaient en rond devant le marie coiffe d’un turban dore et dote d’un poignard flambant neuf.
L’atmosphère était charge de fume de cigarette et de l’odeur particulière du qat, la joue de tous les hommes gonflée à bloc par une boule énorme de qat qui laisser apparaitre aux coins de leur lèvre cette couleur verte fluorescente.

C’était notre dernier soir à Sanaa avant de partir pour les montagnes. Je n’ai vu réellement Sanaa que le lendemain de mon arrive quand je suis monté sur le toit de l’hôtel. C’est ville réellement exceptionnelle et on comprend pourquoi l’Unesco la classer dans sa totalité.
Les maisons de 4 à 5 étages sont construites en brique rose, les façades sont décorées à la chaux et les fenêtres surélevées de vitraux aux couleurs vives. Les ruelles laissent découvrir de jolies places agrémentées de palmiers, les mosquées sont aux dimensions modestes mais très élégantes. C’est vraiment un endroit unique.

Les hommes de cette ville sont très accueillants comme cette invitation au mariage le prouve, mais ils sont très discrets et laissent les touristes flâner dans les rues et les échoppes sans les oppresser. Nous avons donc profiter de ces ruelles, manger dans les échoppes des Salta, plat de viande traditionnel, sorte de ragout d’agneau recouvert d’une mousse verte de fenugrecs, manger des tranches de pastèques chargées de sucres, sentis les parfum de myrtes, d’encens et de santal. Nous sommes aussi lavés dans un hammam vieux de 500 ans au moins avec les recommandations des yéménites venus en famille.

Les femmes ne sont que des ombres noires. Apres quelques jours, on finit par croiser des regards aux maquillages très noirs, repérer des chaussures aux talons aiguilles ou des mains particulièrement fines mais je reste profondément gêné par cette coutume que les jeunes yéménites déplorent mais reproduiront certainement avec leurs propres filles. C’est dommage, il parait qu’elles sont très belles. Nous aurons juste la chance d’en apercevoir une quelques secondes, et en effet, elles a avait un beau visage avec des yeux gris en amandes.

Un yéménite ne connait que sa mère et ses sœurs, la vue d’un visage au hasard d’une ruelle, les rendent fous comme ils s’amusent à le dire. Pour se marier ils attendent d’avoir amasser une somme énorme pour eux (6000$) pour payer les bijoux servant d’assurance en cas de répudiation, pour payer le père de la marie et pour financer la fête. Ils attendent parfois jusqu'à 35 ou 40 ans pour se marier avec une enfant de 15 ans à qui ils feront en moyenne 7 enfants. Le maximum que nous ayant rencontre est 26 enfants avec la même femme. Les jeunes parlent de faire 2 enfants maximum mais comme ils le disent eux même leur amis marie n’ont jamais respecté ce souhait.

Il n’y avait donc pas de femmes dans ce mariage à l’exception de deux touristes hollandaises de 60 ans. L’ambiance était amusante et cordiale, Lionel et moi avons été particulièrement bien accueillis, on nous a offert qat et cigarettes et eau tout la soirée. Le lendemain nous étions morts de fatigues par une nuit d’insomnie due au qat.




jeudi 5 avril 2007

Addis Abeba Djibouti Saana : du 30 arvil au 1 arvil



L'objectif était d'arriver le 3 avril à Sanaa, j'ai du raccourcir mon voyage dans le sud de l'Ethiopie, prendre un avion vers Addis et tenter d'obtenir mon visa pour Djibouti en un temps record. J'ai décollé de Arba Minch pour Jinka dans la vallée de l'Omo, là où nous étions quelques jours plus tôt. Nous rêvions de voir un avion atterrir sur cette piste au milieu du village qui servait de terrain de foot en temps normal. Nous avons ensuite pris la direction de Addis.

Arrivé trop tard pour déposer ma demande de visa, je suis retourné le lendemain matin à l'ambassade de Djibouti, et ai obtenu mon visa dans la journée. Pendant mon déjeuner, j’ai rencontré un éthiopien de Dire Dawa qui m'a conseillé de partir le soir même en minibus et m'a expliqué où trouver ces minibus utilisés par les gens de la région uniquement. A peine mon visa dans la main j’ai embarqué au fond du minibus, les genoux dans le menton pour 12h de trajet jusqu’à Dire Dawa en passant par Harar, ville à l'architecture mauresque que je n'ai aperçue que dans la pénombre du matin.
Je suis arrivé épuisé à Dire Dawa prêt à aller me coucher mais un vieil homme m'a conseillé d'attendre 10h pour voir si un train partirait le jour même. Il y avait 5 jours qu'aucun train n'était parti et coup de chance, à 25h j'embarqué pour Djibouti à bord du train le plus fou ainsi nommé par les djiboutiens.
La locomotive a été changée 2 fois mais doit dater des années 70, mais les wagons sont les mêmes qu'en 1917. Il ne reste que les armatures des banquettes de bois, le sol est jonché de déchets, la peinture a disparu depuis bien longtemps. Un petit vieux moyennant pourboire m'installe dans le dernier wagon à coté du responsable de la sécurité qui ne bougera pas de sa place et broutera du qat pendant toute la durée du voyage.
Les voyageurs sont pour 90% des femmes, des commerçantes qui pratiquent le trafic du qat entre l'Ethiopie ou il est produit et Djibouti ou il est revendu 10 fois plus cher.
Djibouti consomme 4 tonnes de qat par jour qui arrivent par le vol de 14h, le reste au marché noir par le train ou par la route.
Ces femmes enroulent le qat dans des pagnes autour de la taille et du dos en espérant ne pas être fouillées, la taxe leur ferait perdre tout le bénéfice de la vente.
Le train mettra 23 heures pour faire les 310 kilomètres qui séparent Dire Dawa de Djibouti, s'arrêtant dans tous les villages, embarquant de nouvelles marchandises et de nouvelles femmes a la taille gonflée de qat. La nuit les passagers s’allongent à même le sol ( en fait la meilleure place), il y aura sous moi une femmes et un petit vieux séché par la vie.
Le passage de la frontière est inouï, la moitie de ces femmes n'ont pas de papier, c'est alors des cris et des pleurs, elles seront parquées dans un hangar puis relâchées juste avant le départ du train, c'est une sorte de cinéma à l'issue certaine que tout le monde semble connaître et joue son rôle.
A partir de la frontière, le marché commence à chaque arrêt du train, des Djiboutiens tentent de négocier les prix à la baisse, ces femmes sont des vraies femmes d'affaire. Je me souviens d'une qui devait avoir 60 ans, le visage buriné par une vie sous le soleil aride, vêtue dans un sari jaune et la tête couverte par un foulard noir, une cigarette dans la bouche, les billets dans la main et une dizaine d'homme autour d’elle tentant de négocier. Le regard satisfait de cette femme au départ du train, montrait que les affaires avaient été bonnes.
Durant le voyage un éthiopien de 50 ans, homme de près d'1 mètre 90 et mince, m'a expliqué tout le trafic du qat et m'a aidé à passer les postes frontières rapidement. Je dois reconnaître que je n'ai eu aucun problème et les douaniers ont tous été courtois d'un coté comme de l'autre, les Djiboutiens me souhaitant bienvenue à la maison.

Djibouti a conservé l'allure de la ville française d'outre mer, la ville est toute blanche et assez propre ( en tout cas le centre ville), il y fait déjà à cette époque une chaleur étouffante. La mer est horriblement chaude et ne rafraîchit pas. Je n'ai pas résisté à une nuit au Sheraton en y arrivant pour tirer de l’argent après ces deux nuits sans sommeil. La mer est horriblement chaude et ne rafraîchit pas.
Un fois reposé de ce voyage, je pars à la recherche d'un boutre pour le Yémen il me reste 2 jours pour rejoindre Sanaa. Un boutre doit partir dans l'après midi avec un cargaison de vaches, juste le temps de manger un poisson à la mode yéménite chez Yousouf, le poisson est ouvert en deux et cuit dans un four de terre, c'est un régal.
Malheureusement le boutre ne partira pas le soir même mais seulement le lendemain. J'ai donc passe une nuit de plus a Djibouti, les hôtels étaient remplis de marin de la Jeanne d'Arc et du Georges Lègues, les prix avaient flambe en une journée et les vendeurs de toute sorte et les racoleurs de cabaret avaient commencé la chasse au matelot français.
Le soir les rues se sont remplies de marins parfumés de mauvais parfums et rapidement imbibés d'alcool, ils poursuivront leur beuverie le lendemain à la vodka et à la bière. La conversation de comptoir avec eux était sympa mais j'ai rapidement abandonné, oubliant la visite de mamie fanta...
Le lendemain, je trouvé sur le quai un couple d'anglais, Anna et Jeremy qui arrivaient de Cap Town avec une Mercedes vieux model. Anna était médecin dans le plus grand hôpital de Johannesburg ( plus grand d'Afrique), elle y a passé près d'un an mais pas pour une ONG. Elle m'a fait une description des ONG qui a confirmé mes impressions.
Le chargement des vaches puis des deux voitures sur le boutre a été rocambolesque, Anna a supervisé ça d'une main de fer sous les regards impressionnés des passants et des équipages voisins venus admirer le spectacle.
Nous sommes partis vers 19h après une dernière bière sur le port. Une famille de yéménites avec 10 enfants qui venait de fuir Mogadiscio laissant tout dernier eux à l’exception de quelques bijoux et de deux valises. Faisaient parti du voyage.
La traversée a été magnifique le vent dans le dos et la pleine lune, délicieux foul à bord pour le dîner et le petit déjeuner. Nous sommes arrivés à Moka a 10h du matin sous une tempête de sable. Moka est un port désolé qui en effet n’a plus aucune trace de ses splendeurs passées.

Apres les formalités douanières, toujours longues et complexes dans ces pays mais toujours aimables et accueillant, la famille m'a embarqué dans leurs valises pour Sanaa, 2 heures à 15 dans une 504 break avec le moteur sous les pieds suivis de 8 heures de minibus.
Je suis arrivé à Sanaa, retrouvé Lionel et heureux d'avoir traversé la mer rouge en boutre et pris le train le plus fou !

samedi 31 mars 2007

Ethiopie : Vallee de l'Omo du 21 au 28 mars

A 500 kilomètres au sud d’Addis Abeba, 100 kilomètres du Kenya, au delà de la région des lacs, tout au bout des montagnes d’Abyssinie, s’ouvre la vallée de l’Omo.
Il y vit là parmi les plus surprenantes tribus d’Afrique, les Hameur, les Mursis, Tsemay, les Ari et bien d'autres. Loin de l’Éthiopie orthodoxe, dans un état quasi primitif, elles y sont plus d’une dizaines aux coutumes et aux langues différentes. L’Éthiopie pour eux est une idée assez vague, elles continuent à guerroyer pour la propriété des terres même si les organisations humanitaires et les gérants des parcs tentent d'instaurer la paix.


Le plus incroyable est qu’ils continuent à maintenir leurs coutumes malgré la proximité des villages, des touristes toujours plus nombreux et des ONG qui par leurs aides alimentaires risquent de les rendre sédentaires et ainsi surexploiter les ressources naturelles nécessaires pour l’élevage.
La recherche esthétique de ces hommes et femmes vêtus de simples pagnes (ou de rien) ou de peaux de bêtes est assez surpenante ainsi que la fierté d'être ce qu'ils sont. Les bijoux, les coiffures et les marques sur la peau sont extrêmement recherchées et parfois très beaux.

La rencontre avec ces peuples a été un vrai choc. J’ai été fasciné et en particulier dans les marchés, j’aurais pu rester des heures à les observer.
Le contact n’est pas toujours facile mais la curiosité est parfois réciproque en particulier avec les enfants.

Ce type de tourisme par son coté voyeuriste n'est pas toujours très agréable mais la fascination est forte. Les voir dans les marchés reste la façon la plus agréable. Si je retourne un jour la bas, je choisirai un trek d’au moins un mois au milieu de ces tribus et aux rythmes des marchés.



J’ai eu la chance de trouver Jasmine et Sarah, respectivement allemande et américaine pour partir faire de voyage dans le sud et nous avons eu la chance d’avoir Andy comme guide. Jasmine et Sarah sont professeurs d'anglais dans le quartier du Mercato, un des quatiers les plus pauvres d'Addis.

En remontant de la vallée de l’Omo nous avons visité le village de Konso et ses villages alentours certains fortifies, d’autres aux maisons aux formes d’éléphants. Nous sommes face à des gens qui vivent ici comme au moyen-âge, les boeufs aident aux labours des terres, les ânes à porter les marchandises, les femmes l'eau. J'y ai gouté le Mella, bière locale dans laquelle il y a plus à manger qu'à boire. Je l'ai bu dans une taverne d'un village constitée que huttes de paille et de bois, il n'y avait là que des paysans qui savouraient le jour de repos et abuser sans mesure de cette boisson bien plus forte que la bière.

Puis plus haut sur la route entre deux immenses lacs remplis de crocodiles à la taille énorme et d’hippopotames, s’étend le parc de Nechisar composé de forêts, de savanes et de hautes collines surplombant les lacs. Nous avons eu la chance de voir des zèbres, des gazelles, des antilopes, des vautours, des aigles, pleins d’autres oiseaux mais aussi des singes, des sangliers… plus de 91 espèces de mammifères y vivent, nous en aurons vu au plus 10 mais c’était déjà une belle expérience.


De ce séjour dans le sud je garderai l’image de ces grands espaces verts, de ce monde sauvage et de ses hommes. J’y retournerai !


Ethiopie : Lalibela du 16 au 18 mars


Il m'a fallu pas moins de 14 heures de bus sur des routes difficiles mais sublimes pour rejoindre l'une des villes les plus saintes d'Éthiopie : Lalibela. Elle tient son nom de l’empereur qui en est à l’origine qui aurait voulu reconstitué Jérusalem.

La route traversée les haut plateaux d’Abyssinie, les pluies diluviennes de l’été creusent des canyons de couleur rouge ocre, les villages de huttes couvrent les collines et toujours ces marcheurs sur les routes.

Les églises y sont parmi les plus incroyables du monde. Elles sont taillées dans la roche en un seul bloc, de hautes voûtes y sont sculptées à l’intérieur, elles sont rejointes les unes aux autres par des souterrains sorte de boyaux rouges. Il règne dans ces églises une ferveur intense. Les textes saints sont lus en Ge’ze langue originelle de l’Amharic que seuls les prêtres comprennent. Cela ajoute aux mystères de cette religion dont les rites semblent immuables.
Les hommes et les femmes viennent à la messe vêtus de blanc, les chants y sont rythmés par des tambourins. Gerard touriste français y passait une semaine à observer et photograpier ces pèlerins et ces chrétiens d’un autre temps.

J’ai rencontré aussi Benedikt un jeune docteur allemand qui venait de terminer son volontariat a Gonder, je le recroiserai avec son amie Aifa 4 autres fois en Éthiopie par hasard. Nous avons fait à Lalibela la montée au monastère de Ashetan Myram. Le lieu surplombe le village et les collines avoisinantes. Voir tous ces hommes et ces femmes vêtus de blanc sur le sommet de la montagne en plein recueillement est un moment unique.


J’ai goûté à Lalibela l’alcool fait a partir de miel dans un bar local envahi par les pèlerins et les paysans voisins venus pour le jour du marché, en compagnie de Habi, jeune qui me servit de guide pour la montage et un professeur de mécanique muté d’Addis Abeba et perdu dans cette ville aux mode de vie moyenâgeux.

La libela est un endroit unique et on comprend mieux l'Ethiopie quand on a l'a vu.

Il existe dans une église de Lalibela un pylône gravé en hébreu, grec et ge’ze qui décrit le futur du monde, il n’a pas été lu depuis plusieurs siècle, je partirai de Lalibela sans avoir su l’avenir du monde.


Ethiopie : Gonder, Gorgora, Baha Dar du 12 au 16 mars

De Ethiopie : Go...

Gonder est la ville symbôle de la puissance des empereurs Fasiladas, époque ou Louis XIV et le Pape ont tenté de convertir le pays au catholicisme sans succès. Les châteaux construits à Gonder sur la même colline sont uniques en Afrique sub-saharienne, sorte de châteaux forts ou palais classiques. Les églises y sont très belles et les bains utilisés pour reproduire le baptême dans le Jourdain sont eux aussi très intéressants. Cette petite ville est une des fiertés des éthiopiens qui se considèrent bien différents des autres pays d’Afrique noire.
Les éthiopiens du Nord parlent l’Amharic (langue officielle du pays), langue d’origine sémite, les empereurs éthiopiens se disaient descendant de Salomon. L’alphabet est lui aussi propre au pays.



Les éthiopiens du nord ne ressemblent pas aux soudanais ni au noirs africains, ils ont des visages fins et la couleur de leur peau est presque rouge, le corps longilignes et les attaches très fines. Ils ne sont pas grands mais leur port droit et leur finesse donnent l’impression qu’ils le sont beaucoup plus. Ils ont une grâce dans leur démarche et leur attitude qui les élooignent bien des arabes un peu trop gras et à la démarche lourde que l'on voit en Egypte.



Gonder à l’exception des vestiges des empereurs tient son architecture des italiens, ont retrouve l’architecture européennes des années 40, en près de 5 ans ils ont construits ce qui est encore l’ensemble des bâtiments administratifs et des maisons du centre.
Comme toutes les villes touristiques de l'Éthiopie, j'aurai le droit au "tourist guest" dont le rôle est de faciliter le séjour et d’en profiter pour de tenter d'obtenir pourboires et commissions. J’y ai rencontré Alexandra historienne spécialisée dans l’histoire des juifs au moyen age.

Comme dans tout le pays la misère y est flagrante et dure, la mendicité est une source courante de revenu, les enfants y tiennent un part importante dans ce rôle, les autres sont les malheureux victimes des horreurs des maladies qui n’existe plus chez nous, poliomyélites, éléphantiasie ou encore les maladies qui rendent aveugle. Le nombre d’enfants vêtus de misérables vêtements, sans chaussure, effectuant tous les travaux possibles, porteurs, laveurs, cireurs… est impressionnant, plus d’un enfant sur deux demandent de l’argent quand on croise leur chemin, sur les routes ils tentent de danser ou de faire des acrobaties pour obtenir des bouteilles de plastique vides qu’ils revendent 1 Birr. On se demande s’ils sont nourris à leur faim, la taille des enfants est vraiment plus petite que dans nos pays, on leur donne souvent 2 ans de moins.
La misère est une chose vraiment insupportable, et incompréhensible dans ce pays aux allures de Suisse avec ses montagnes vertes et ses multiples lacs. Est-ce les guerres successives, la trop courte durée du colonialisme italien qui n’a pas permis le développement des infrastructure et d’une administration moderne en opposition à d’autre pays d’Afrique, la feneantisme des hommes de ce pays plus occupés à mâcher leur chat ou cat (herbes aux effets narcotiques qui leur permet sans doute de supporter les travaux difficiles et la dureté de la vie) et à être des hommes (réflexion des femmes étrangères vivant ici), à cette religion ancestrale qui les obligent au jeun 200 jours par an et rythme leur semaine, à l’enclavement ce pays qui en fait un pays unique… Tout le monde ici se pose ces questions, jeunes étudiants, étrangers,… J’ai passé des voyages à parler avec de jeunes éthiopiens de ce sujet. Ils sont aussi très concernes par la conditions des femmes de ce pays, qui font réellement tout à l’exception de la culture des champs. On les voit partout porter des litres d’eau sur leur dos, des sacs entiers de chat ou d’autres produits, leur tête disparaît parfois sous les monticules de pailles…

On échappe à cette réalité quand on arrive dans les hôtels ou tout est fait pour nous faire oublié la pauvreté de la rue. On s’y sent rapidement comme dans un bocal, on y étouffe, et j’avais vraiment besoin de repartir dans la rue, acheter des babioles, me faire cirer mes chaussures et parler et rire avec eux, car malgré leur misère ils gardent espoir et humour.

Les ONG sont le rêve des étudiants éthiopiens, un chauffeur d’une famille d’expatriés d’une ONG gagne mieux sa vie qu’un médecin. On voit partout des projets lancés par ces organisations, on voit partout ces gros 4*4 dans lesquels ils roulent. Je garde un sentiment désagréable de ces employés étrangers des ONG, leur air souvent suffisant vis-à-vis des simples touristes, leur convictions de tout savoir et ce qu’il faut faire pour ce pays. Par contre ce n’est pas le cas des volontaires qui ont l’énergie de la jeunesse et se battent tous les jours pour aider ce pays.
Les ONG sont devenues semble t il indispensables au pays, un grand nombre de personnes vivent de ces salaires et les projets lances sont sans doute très important, mais elles créent aussi des dysfonctionnements dans l’organisation du pays, l’aide créait des dépendances et des façon de fonctionnait qui ne sont pas naturelle. L’aide pour un éthiopien est maintenant normale, aide pour simplement manger, aide pour faire ses études… Depuis que l’aide alimentaire s’est arrêtée la production agricole a retrouvé un niveau plus satisfaisant. C’est un sujet compliqué mais il faut souhaiter à l’Éthiopie de retrouver une paix durable avec ses voisins, ouvrir son économie, de poursuivre les efforts éducatifs importants des dernières années, d’alléger sa bureaucratie, stopper la corruption et laisser alors l’investissement privé étranger arriver. Le cercle sera sûrement plus vertueux, cela n’est que mon avis.

J’ai poursuivi ma route vers Gorgora minuscule village balnéaire au bord du lac Tana dans l’objectif de traverser le lac en bateau mais je suis arrive trop tard pour le bateau hebdomadaire. J’ai passe une belle soirée sur le bord du lac, longues discutions avec le prêtre en charge de la très belle église de Gorgora, puis dîner avec un ancien fonctionnaire, poissons frits du lac.





J’ai rejoins ensuite Bahar Dar aussi sur le lac Tana, lac dont le Nil bleu prend sa source à quelques kilomètres de là. Le Nil bleu fournit plus de 90% de l'eau du Nil. Je suis donc remontée jusqu'aux sources du Nil, je dois maintenant rejoindre la mer rouge.

L’hôtel Ghion est un havre de pays mais le manager un homme exécrable, la façon dont ils traitent ses employés est limite supportable, j’ai donc abandonné le projet des montagnes du Siemens pour partir pour Lalibela. J’ai néanmoins rencontre dans cet hôtel, Ekki un des voyageurs du bateau entre l’Égypte et le Soudan.

J’ai adore les routes d’Ethiopie, les paysages montagneux y sont vraiment tres beau mais il y a surtout ces hommes et ses femmes marchant sur les routes, seuls en groupes avec des chevres ou des vaches ou un ane, avec des charges enormes sur le dos ou simplement équipe d’un bâton de pèlerin sans même une besace. J’aurais bien aime prendre la route en marchant mais ce n’est pas huit mois qu’il me faudrait...

vendredi 16 mars 2007

De Kahrtoum a Gonder (Ethiopie) du 11 au 12 Mars

Il faisait déjà nuit sur Metema lorsque Genji et moi sommes sortis dîner malgré les recommandations du gardien de l'hôtel et d’un soudanais.
Genji est un étudiant japonais, nous avons pris un Boski de Gedaref jusqu'à la frontière ensemble soit près de 3h de route entassés à l'arrière de cette sorte de camionnette en compagnie d'un professeur éthiopien. Il partait pour Nairobi à la recherche d'un visa pour le Darfour, sa thèse traite des ONG au Soudan. Il a été instituteur pendant 2 ans en Syrie et parle arabe couramment.

Il m'avait fallu 5h de bus au préalable pour rejoindre Gedaref de Khartoum et 20 min de taxi pour la station de boski accompagne par Azim, un soudanais bien sympa travaillant pour Sclumberger. J'en étais à 8 heures de bus lorsque nous avons débarqué à la frontière Éthiopienne. Après 3 postes de douanes coté soudanais, nous avons franchis la frontière à pied. En fait on passe du village de Gallabat à celui de Metema. Metema est constituée d'une seule rue animée par une population vivant du passage de frontière et de ses trafics associés, d'autant plus terrible coté Metema car l'alcool et les filles sont autorisés, les soudanais en mal de l'un ou de l'autre ou des deux on pour habitude de s'y perdre.
Le poste de douanes est patibulaire, sorte de baraque en bois derrière un jardin de détritus, trois hommes s'y tiennent affalés sur des chaises bancales, une jeune fille et un jeune très gentils s'occuperont de nous.
Après avoir changé mes derniers dinars en Birrs en pleine rue nous avons pris un hôtel glauque.

La nuit était donc noire, seules quelques lumières alimentées par des groupes électrogènes peu puissants éclairaient quelques maisons. Nous avons atterri au "peace and love", un bar dans une cours intérieure, totalement sombre, la peinture des murs était d'un bleu délave, les visages noirs des éthiopiens à peine visibles. Dans une ambiance moite et chaude, nous avons partagés notre première injera, plat national Éthiopien fait d'un crêpe épaisse et froide et de mezzes que l'on mange avec les mains, avec le changeur de monnaies, ses bras recouverts de croûtes. L'Éthiopien de la table d'à coté en profite pour nous raconter le meurtre d'un homme à 5h du matin la veille et de la criminalité dans cette ville perdue d'Éthiopie. Le décor était posé, nous étions en Éthiopie.

Le lendemain, sur les conseils de notre voisin de table, j'embarque à 6h dans un vieux bus déjà rempli à craquer. Seul touriste dans ce bus, Genji prend une autre direction. J'aurais des nouvelles de lui à Konso sur la route du Kenya par un guide.
Mon voyage durera 14h pour faire 400km, le premier bus tombera en panne au bout de 5h de route, après 3h d'attente sous un arbre et sans eau (photo), les éthiopiens me poussent à monter à l'arrière d'un camion sur des sacs de charbon, je laisse malgré moi des femmes enceintes et des enfants sous cet arbre. Le camion tombera lui aussi en panne quelques mètres plus loin mais repartira 30 minutes après, le bus lui échouera sous nos yeux dans le fossé sans gravité, j'ai laissé là mes premiers compagnons de voyage éthiopiens.
Sur le camion l'ambiance est bonne, quelques jeunes éthiopiens parlent anglais, d'autres sortirons des parapluies pour nous protéger du soleil, la vue du haut du camion sur les montagnes d'Abyssinie est magnifique.
Dès le départ de Metema, les montages surgissent, la végétation devient verte et les arbres immenses, les femmes changent de visage, elles sont vraiment très belles (peu de photos, elles refusent en général). Il me faudra prendre un minibus qui tombera en panne puis enfin le dernier minibus pour arriver à Gonder !

De Kartoum a Gonder

jeudi 15 mars 2007

Nord du Soudan, retour aux sources soudanaises de Zakia : 3 au 9 mars



3 mars, Zakia est arrive hier soir, soirée sympa a Khartoum avec Bagir sur une terrasse animée, Salah nous a convaincus de prendre une voiture et un guide pour faire notre trip, il organisa tout en quelques coups de fil, son ami Madji nous fera un prix canon. Apres 5 heures d'attente au café Ozone, Bagou (Marmoud) arrive la voiture prête, les cassettes de musique Soudanaise et c'est parti.
Après trois heures de routes, nous arrivons dans notre camps, sorte de lodge avec pour vue le désert et les pyramides de Meroe au loin. L'endroit est très beau, les tentes comme celles des explorateurs des temps coloniaux, vertes grises et meublées de jolis meubles en bois. On aura manque le coucher de soleil, mais le dîner est très bon et l'accueil chaleureux (pas étonnant nous sommes au Soudan).


Le lendemain matin, Zakia ne résiste pas au Dromadaires pour rejoindre les pyramides, j'adore aussi les dromadaires, comme dirait Karine ils ont l'air si prétentieux.
Les pyramides de Meroe sont plutôt petites mais enfouies dans les dunes de sables, leur donnant l'air abandonné. C'est vraiment un endroit surprenant. Il n'y a personne, aa l'exception de Sylvia sur qui ont tombe par hasard et qui nous raconte ses déboires aa Shendi. Je ne résiste pas aa l'invitation des gardiens du site qui m'invite autour de leur foul, plat national sorte de ragoût de fèves, c'est très bon et encore meilleur accroupi et avec les doigts.


Nous filons visite les vestiges de la ville de..., des petits enfants vendent des babioles, Zakia les prend en photo et nous voila partie pour une longue traversée du désert de Bayouda.
Après une long moment sur la route au milieu d'un désert aride et aux paysages durs avec quelques escales dans les échoppes pour un thé, un café ou un saute d'agneau (super bon), nous nous enfonçons dans le désert pour une première nuits feu de bois et ciel étoilé, toujours magique.

Le lendemain, apres un reveil a l'aurore nous prenons la direction de Karima a travers un desert aux allures de savane, les arbres en on la forme, il y a plein de dromadaires, de chevres et quelques miniscules villages. Nous avons beaucoup aime cet endroit, les gens y vivent dans la plus grande simplicite, nous y avons des rencontres tres belles avec ses habitants, nous avons meme reussi a apprendre 123 soleil aux enfants d'un village. Il y a dans leur yeux une certaine tristesse quand ils s'approche timidement de nous mais des que l'on s'occupe d'eux leur visage s'illumine et ils rient de bon coeur.



Apres une longue journee, nous arrivons a Djebel Barkal, sorte d'enorme colline sortie de nulle part au milieu d'un desert plat et face au Nil et ses champs verts. Les egyptiens attribue ce lieu a la maison du dieu Amon, la taille des vestiges du temple d'Amon en montre l'importance du lieu.


Nous avons poursuivi le lendemain apres une nuit a Karima, Sylvia s'est jointe a nous, nous l'avons a nouveau rencontre au passage d'un bac. Ces passages sont formidables, vieux rides ou jeunes traversent avec toute sorte de marchandises et ca prend toujours un temps fou pour installer toutes les voitures.

Apres la visite d'El Kuru, cimetiere de l'epoque egyptienne nubienne dont les fresques de deux tombes restent en tres bon etat, nous avons travserse un desert jaune vif, sans ame qui vive, seul un rocher fournit l'ombre necessaire pour s'arreter dejeuner. En milieu d'apres midi nous arrivons sur le site de Old Dongola, capitale du royaume chretien Khusite qui domina le Soudan pendant 600 ans bien apres la conversion de l'Egypte a l'Islam. Le site est tres endomage mais il surplomble le Nil a un endroit tres beau, les oasis sont remplies de palmiers immenses et de champs tres verts, au loin de grandes dunes de sable.



Nous passons la nuit dans au peid d'une de ces dunes, magiques, les photos parlent d'elles meme.




Le lendemain, Zakia plongera dans les sources de sa famille. Apres un dejeuner puis une sieste enchainee d'un autre dejeuner, nous enchainons par la visite des terres du grand-pere de Zakia puis par le marathon des vistes de membres de cette immense famille dans chacune de leur maison. Les maisons de ces villages sont des sortes de petites assiendas, on passe par une porte de couleur bleue souvant decoree, on arrive sur une court de terre battue, tres bien entretenue dans laquelle un arbre ou deux decorent le lieu avec quelques fleurs, deux cruches de terre cuite tiennent l'eau ou frais. Nous avons passe plus de 5 heures a boire du the ou du cafe dans chacune des maisons, c'etait vraiment amusant et de temps en temps emouvant. Apres les embrassades, on nous installait sur des lits en guise de canape dans une vaste piece ou venait la famille, parents et enfants. La on tentait de dialoguer avec les mains et les quelques mots que nous avions, Iszzedine le guide familliale faisait de temps en temps la traduction.

Ce moment a certainement ete pour Zakia tres particulier mais je ne m'aventurerais pas a le retranscrire.

Le lendemain nous prenons la route vers Khartoum, Zakia conduira presque une heure sur la route et le sable, nous nous arreterons encore dans les echoppes du bord de la route avec les routiers soudannais, une derniere rencontre avec trois generations d'une famille de chamelier, trois hommes fiers !

J'ai vraiment aime ces hommes du desert. Ils ont quelque chose que les hommes des villes ont perdu, une sorte de simplicite et de fierte. (pas ce n'est pas celui de la photo en dessous !)



Clique sur l'ane pour voir les autres et il y en a !